Kata: Making a sword pattern

Une bonne façon d’apprendre la sugata, ou silhouette des sabres est de fabriquer des kata, ou gabarits, dans de la feuille de 1.25-1.5mm d’acier doux. J’ai acheté une pleine feuille et l’ai coupé en environ 40 bandes de 5 cm de largeur et de différentes longueurs. Les tachi les plus longs n’excèdent normalement pas 100 cm de zen-nagasa (pleine longueur de la pointe à la soie).

De nos jours on trouve des oshigata et photographies dans des lires, des catalogues d’exposition ou même sur le net. On ne devrait produire de gabarits qu’à partir de modèles de lame célèbre en pleine santé et représentant une silhouette typique. Des gabarits de lame usées ou de forme trop originale n’aiderait pas à apprendre les formes.

L’élément d’importance est que des mensurations soient fournies. Je me rends chez le dépanneur le plus proche, achète un lait au chocolat et m’attèle à la photocopieuse pour une quinzaine de minutes, imprimant des tracés ou photos grandeur nature de sabres. Par exemple, si on indique qu’un sabre mesure 82 cm, mais que sa photographie a une « nagasa » de 41, je n’ai qu’à copier l’image à 200%. Je m’assure de mesurer la version imprimée, mais les machines japonaises ne m’ont jusq’ici encore jamais trompé! Il faut faire attention lorsqu’on mesure la haba, car il n’y a pas de méthode standard pour la mesurer. Certains calculent du ha-saki au mune-saki, d’autres jusqu’au mune-kado. De plus, la hauteur apparente du mune sur les oshigata est normalement faussée et ne sert que pour des raisons esthétiques.

J’affiche plusieurs de ces impressions sur mes murs comme source d’études et pour référence. J’ai des tachi du début de la période Kamakura, des tant? et des katate-uchigatana de Muromachi, puis des favorites, comme le Kogarasu-maru du Xe siècle.

Il y a plusieurs techniques pour fabriquer les gabarits, mais je préfère simplement apposer la photocopie sur la feuille de métal avec des aimants, puis tracer son contour à l’aide d’un poinçon. Il est important de se donner du jeu car il est toujours plus facile d’enlever du matériel que d’en remettre…

Pour des lames plus longues, c’est du gaspillage que d’utiliser une pièce très large pour inclure toute la lame. Je préfère courber une bande en la forgeant à froid sur un côté jusqu’à ce que la courbure de la lame s’adapte.

Le vrai travaille débute ensuite avec des limes et outils électriques afin de finaliser la forme. La forme finale du gabarit devrait être aussi fine que le sabre, puisque tout laisser-aller nuit au déroulement de travail bien fait. Aussi, la fabrication des gabarits aide vraiment à apprendre et comprendre les subtilités de la sugata d’un sabre. On vient à mieux comprendre des caractéristiques comme la funbari, le fukura du kissaki, l’essence de la courbure, la forme de la soie, etc. On demande aux apprentis de fabriquer le plus de gabarits qu’ils peuvent: ils leur servent éventuellement pour la fabrication de lames, peuvent être préservés une vie entière d’étude et de référence, puis leur fabrication est une excellente pratique à bon marché. En effet, les feuilles d’acier doux sont plus économiques que de l’acier finement réduit au tatara!

En ce qui concerne la lame à être fabriquée dans les semaines à venir — et probablement pour toute une période après ça, j’ai décidé de concentrer mes efforts sur l’école Muramasa. Ma relation avec ces forgerons est étrange car je n’aime pas la plupart de leurs lames, mais j’adore les autres! Comme la plupart des forgerons de sabre du XVIe siècle, j’ai tendance à croire que Muramasa était un atelier où on fabriquait des sabres en petites séries. Les trois générations de Muramasa toujours mentionnées étaient simplement les chefs d’atelier, mais les artisans occupés à fabriquer les lames étaient en fait plus nombreux. Comme il s’agit d’un plus petit atelier que les plus importants, comme à Bizen et Min?, les artisans étaient impliqués dans différentes tâches selon le travail à abattre. Ainsi la qualité des lames Muramasa variaient grandement. J’ai personnellement pu étudier un excellent tant? Muramasa; autant l’acier que la trempe étaient impressionants.

Surtout, j’ai choisi de me concentrer sur Muramasa pour un certain temps à cause de l’accessibilité du travail. Je trouve inutile de tenter de reproduire des lames Ichimonji ou Awataguchi avec le tamahagane standard actuel, un peu comme tenter de fabriquer un sake fin avec du riz sud-asiatique. Les matériaux et techniques sont tout simplement trop différents et le résultat sans aucune signification. Voyons voir ce que ça donnera.

Je vous invite à télécharger des tracés de lame que j’ai préparé pour étude, dont le plus célèbre de tous les tanto, le Aizu Shintogo par Shintogo Kunimitsu, supposément le maître de Masamune. Le document est imprimable sur deux pages qui doivent ensuite être rattachées. Assurez-vous que votre logiciel imprime à 100%, sans « ajuster aux dimensions du papier ».

Visiter la page des gabarits par ici.

Purchase precision-cut kata

6 thoughts on “Kata: Making a sword pattern

  1. Excellent idea! There is a pretty good site with full size photos of swords that I use http://www.nihontoantiques.com. I am not endorsing the site, just saying that it has some excellent really large photos of both sides of the swords, and basic measurements. I am an architect, so I transfer the photos to a CAD program, scale them and print them out. It is also nice to be able to see the hada from the photos.

  2. Interesting to see how you approach this. I too, keep a collection of images with dimensions and use Photoshop and some math to print the images at their actual size before starting a project. I make cut-outs of the sugata in cardboard but using thin metal sheet is a much better way. I struggle with the curvature issue and sometimes I need to cut-outs, one straight for the forging and one with the curvature for corrections after yaki-ire.
    Looking forward to the next step.

    • Indeed I thought metal patterns were so much better when I discovered them (japanese swordsmiths have been using them for at least 600 years.. probably more; they were made for workshops where hundred of smiths had to make standardized blades).
      Thinking about this.. it amaze me: these guys wouldn’t go to a steel supplier and ask for metal sheet… they had to bloody forge-fold tamahagane and then forge really thin into sword patterns!!! Can you imagine the kind of work that goes in there.
      Craftsmen of old have all my respect.

      I too, thought about making sunobe patterns… they facilitate forging so much. But then in the end, at least for japanese swords, the pattern is mostly useful to adjust the curvature. The sunobe (sword blank) is calculated by measurements only. But we’ll get there ;-)

  3. Bonjour Mr Nadeau,

    Chaque sabre de réalisation moderne est inspiré de sabres d’ancien forgeron?

    • En effet, notre métier ne sert aujourd’hui qu’à préserver une tradition. Les sabres sont inutiles et inventer de nouvelles formes est un peu perçu comme étant déplacé. On peut se permettre de s’amuser de temps à autre, mais déjà personne ne maîtrise les techniques des anciens maîtres et on ne peut rivaliser avec les lames de l’Âge d’Or (vers le XIVe siècle). Malgré ça, une tradition classique n’est pas aussi limitante qu’elle ne le parait. Il existe un très grand nombre de modèles de sabres et autres armes et il ne s’agit pas des directives aveugles d’un despote, mais de l’évolution naturelle de 1500 ans d’utilisation! Les formes d’aujourd’hui sont les meilleures pour ça. D’ailleurs, on ne reproduit pas le travail de quelqu’un en particulier, mais on travail dans tel ou tel école, style ou période.

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