A tour of the forge

Les meilleurs voeux pour la nouvelle année!

Ce matin j’ai eu du mal à abandonner mon futon pour rejoindre l’hiver. Il faisait trois degrés. À l’intérieur. La plomberie était gelée. Pas d’eau. On me dit toujours « N’es-tu pas un dur à cuire?! Il fait beaucoup plus froid au Canada!« . « Oui, mais nous avons du chauffage dans nos maisons isolées« , que je leur réponds toujours. Un matin il y a quelques années, je me suis réveillé et le verre d’eau sur ma table avait formé un charmant chapeau de glace.

Pour casser la glace (je sais, mauvais jeu de mots), jetons un coup d’oeil à l’environnement de travail des forgerons de sabre japonais. J’inclue plusieurs images de ma propre forge. Ma situation est un peu particulière en ce que je loue la maison centenaire d’un ancien forgeron de village. Tout est demeuré intact — et pourrissant — depuis au moins les cinquante dernières années, sauf pour la forge elle-même qui a été reconstruite pour la forge de sabre.


La plus vieille indique 1907.


Le porte-bonheur de 2011… besoin de pratique!

Tous les forgerons de village au Japon maintiennent la tradition de produire, à chaque Nouvel An, une plaque sur laquelle est inscrite la date et dans laquelle sont insérés des version miniatures des produits principaux du forgeron. La plus vieille que j’ai pu trouvé date de 1907. Le présent propriétaire n’a jamais vraiment forgé. Au lieu de reprendre le métier de son père, il avait fondé un atelier de fer moderne juste à côté, comme la plupart des familles de forgerons japonaises de leur génération. Il n’a cependant jamais arrête de fabriquer le porte-bohneur du Nouvel An, ainsi à chaque fois que je reviens des vacances de fin d’année, je le trouve sur le mur. Il est intéressant de comparer l’évolution d’un à l’autre: son père et grand-père étaient bien meilleurs que lui!

De façon générale, nous utilisons trois stations de travail. Il y a deux forges et un atelier « froid » pour le travail à la lime, la râpe ou la pierre. En Japonais, la place du forgeron se dit kajiya. La forge comme tel se nome hodo et l’atelier de finition se nomme shiage-ba.

Plusieurs forgeron, comme chez moi, s’en sortent avec une seule forge. La différence principale entre les deux types est leur profondeur et la hauteur de leur tuyère latérale. La préparation de l’acier traditionnel brut requiert des températures très élevées et un plus gros volume de charbon. La forge profonde rend le travail des petites ou longues pièces comme les sabres plus difficile. Le deuxième type de forge est beaucoup moins profonde et sa tuyère est à la hauteur du sol. Ainsi, de longues barres comme des sabres peuvent être plus facilement chauffées pour la forge et la trempe.

La shiage-ba est où nous passons au moins la moitié du temps dévoué à la fabrication d’un sabre. Chaque forgeron a des installations différentes, mais les stations de travail se ressemblent, ainsi que les outils. Il y a le sen-dai, une clampe-établi spéciale pour les sabre, le togidai, une surface hydrofuge sur laquelle autant les forgerons que les polisseurs travaillent avec les pierres à eau et de l’outillage spécialisé comme une serre de sculpteur, des établis et des enclumes.


Sen-dai – Un étau spécial pour les sabres.


Togidai – La station de polissage.


Un étau de joaillier – Très pratique pour les gravures ou réparations sur sabres.


Mei-kiri kanashiki – Une enclume simple pour l’incision de la signature des sabres.

Bon! Je dois y aller… La scierie locale m’a demandé de leur fabriquer deux types de peleur à écorce, comme si parce que j’étudie la forge de sabre depuis quelques années je peux fabriquer n’importe quel outil ;-)

À la semaine prochaine. Je publierai des infos sur des gabarits en acier que je prépare pour les lames que je m’apprête à fabriquer.

4 thoughts on “A tour of the forge

  1. Pierre thank you very much.
    It is really valuable to find out about all those little details. A picture is worth a thousand words, but sometimes some critical words are missing, and you are filling them right in, just like the details of the two types of forge.
    One question, do Japanese swordsmiths use only flat stones for grinding? Isn’t there some kind of round revolving stone used?

    Thank again, and congrats on the effort!

    • Hi Athanasios,
      Thank you for your appreciation. Depending on the smith, all sorts of grinding devices are used. The decisive factors are money (always!), the amount of material needing to be removed, the area, and wether the steel is quenched or not. Some use bandsanders (some dry, some wet), some use rotating waterstones, my moneyless master used an angle grinder ;-)
      The togidai and brick-sized waterstones are the traditional method, and still very efficient. Most of the fine work can only be done this way. All other methods mentioned are for rough removal.
      Hope this helps!

  2. very nice! lots of natsukashi tools, i especially like the anvils and swage block and vice…so sweet. are they yours or inherited with the shop? i hope will be able to move some of them to your new shop…
    (i used an angle grinder mostly too…just for « fine » finishing)

Les commentaires sont fermés.