Home-made steel: A week at Manabe Sumihira’s zuku-oshi tatara


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La plupart de ceux qui connaissent le tatara – le fourneau traditionnel japonais servant à réduire le minerais de fer et fabriquer l’acier – pensent en fait à un type particulier appelé kera-oshi. Il existe en effet deux types principaux qu’on dénommerait dans l’Ouest comme bas-fourneau et haut-fourneau.

Si le bas-fourneau, ou kera-oshi tatara, produit une loupe hétérogène de fer, d’acier et beaucoup de scories, le haut-fourneau ou, au Japon, le zuku-oshi tatara, produit quant à lui de la fonte exempte de scories, mais à teneur trop élevée en carbone pour en faire un matériau de forge. La fonte ainsi produite, appelé « pig iron » dans l’Ouest, doit ensuite être décarburisée, un processus qu’on appelle sage en japonais.

Manabe Sumihira est un des très rares forgerons de sabre japonais à opérer lui-même son tatara. De plus, il s’agit dans son cas d’un zuku-oshi. Il n’y a probablement au Japon qu’une poignée d’autres forgerons qui travaillent ainsi. Parmis eux, un mentor de Manabe, le « Trésor National Vivant » Amada Akitsugu.

Quel est le « bon » processus? Je suis en train de préparer un article sur l’histoire de l’évolution des tataras et leurs aciers au Japon. Ce n’est pas simple et il y a beaucoup de questions encore sans réponses. Il semblerait toutefois que le zuku-oshi tatara ait pris une place de plus en plus importante dans la production d’acier et de fer utilitaire au Japon à partir du 6e siècle. Les deux processus ont toujours été utilisés, mais leur importance a clairement penchée du côté de la fonte au moins durant la période d’Edo, alors que nous avons assez de documentation pour établir que le kera-oshi tatara n’était alors plus la norme.

Aujourd’hui, la NBTHK produit l’acier servant de matière première principale à la majorité des forgerons de sabre avec un kera-oshi tatara, ayant de ce fait diminué l’importance qu’on aurait plutôt dû accordé au zuku-oshi. Beaucoup d’archéologues et la plupart des forgerons de sabre du XXe siècle ont longtemps cru que le kera-oshi avait été le principal, sinon le seul moyen de production d’acier au Japon! Voilà que l’hypothèse inverse commence à prendre de plus en plus d’inertie.

L’article que je propose tentera d’éclaircir le choix de la NBTHK à fabriquer au kera-oshi plutôt qu’au zuku, mais en attendant je propose de simplement visiter Manabe Sumihira et son zuku-oshi tatara!

M.Manabe a depuis trente ans l’unique objectif de recréer rien de moins que les aciers du Moyen-Âge nippon, l’âge d’or du sabre japonais. Il a tendance à croie que la solution gît du côté du zuku-oshi tatara et s’acharne depuis une quizaine d’années à opérer son propre haut-fourneau. Il avait déjà remporté nombre de prix, mais s’est récement distancé de l’establishment pour conduire ses propres explorations sans les embûches d’autorités parfois hermétiques.

J’ai passé une semaine ce mois d’octobre 2009 chez M.Manabe dans la mesure du possible pour donner un coup de main, pour l’inonder de questions et surtout apprendre.

En espérant que ce reportage élargisse un peu plus la fenêtre sur le monde des sabres japonais!
Je vous invite à aller du côté de la galerie d’images où j’ai téléchargé nombre de photos prises durant les sessions.

Voir les images: Le Tatara Sumihira

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